Coutumes traditionnelles

Les coutumes liées à la vie des habitants

Les coutumes liées à la naissance de l'enfant       

Il est important de mentionner que pendant la période de grossesse, la femme enceinte n'était pas épargnée des labeurs et des taches liées aux activités agricoles. Pendant l’accouchement, elle était le plus souvent aidée par sa belle-mère ou par la sage-femme du village, la maman donnait naissance à la maison chez elle, à proximité du feu. Ce n'est qu'après la seconde Guerre Mondiale que les femmes ont commencé à donner naissance dans des maternités hospitalières. Des coutumes et traditions liées à la naissance de l'enfant, la plus importante est celle des babine, lorsque les femmes du côté de la famille de la mère viennent rendre visite à l'enfant et aux parents, le symbole des babine est la volonté de former un rite socio-familial grâce auquel l'enfant est accepté dans la communauté et pour le baptême, l'institution du parrainage est à ce stade importante. Les familles étaient, en effet, pendant des générations liées par le parrainage, une coutume qui a aujourd’hui presque entièrement disparue.

Les coutumes liées aux mariages et aux fiançailles

Les jeunes se rencontraient, par exemple, autour de l'église, autour des puits,  pendant les fêtes, pendants les salons et les foires. Il y avait également une méthode intéressante à l'époque, c’était la gonjanje (la chasse), une coutume qui avait un ''un caractère initiatique'' pour les jeunes hommes et jeunes femmes qui étaient prêts pour le mariage. La gonjanje avait lieu, en effet, pendant la sortie des troupeaux de moutons par les jeunes bergers ; le but était que tous les jeunes garçons allaient poursuivre toutes les jeunes filles qui faisaient alors, semblant de s'enfuir. Cependant, certaines pouvaient vraiment vouloir s'enfuir car il y avait aussi des jeunes hommes violents. Il est important de mentionner que pendant ces coutumes, tout était permis sauf l'acte sexuel, qui pouvait cependant avoir lieu à cause justement des jeunes hommes agressifs.

Pendant la période précédent le fait qu’une fille et un garçon soient prêts pour le mariage, se trouvait aussi la coutume du Sijela (Assise) et du Sjedenja (s'asseoir) qui était importante. Les jeunes garçons venaient alors rendre visite à la jeune femme pendant la Sijela et s’il était considéré que l'un des jeunes hommes fut choisit en tant que futur mari, cela devenait alors une relation sérieuse qui aboutirait à un mariage, on disait alors d'eux qu'ils side (s'asseyaient, qu'ils se convenaient).

Bien entendu avant de choisir un mari pour leur fille, ou bien une femme pour leur fils, les parents avaient leur mot à dire, mais il était aussi important d'entendre l'avis des autres membres plus âgés de la famille. La situation sociale et économique de la famille était un élément important, les filles sans frère étaient donc particulièrement populaires, celles dont la dot était élevée et si la jeune femme était fille unique, c'était encore mieux. Cela marchait aussi bien pour les garçons que pour les filles, il fallait d'abord que ce soit la fille ainée qui se marie, ou le fils ainé. La décision de mariage était bien entendu également très liée aux coutumes traditionnelles, il fallait donc en premier aller dans la maison de la future femme demander sa main à son père. Le futur marié était lui accompagné par un des membres masculins de sa famille, le père ou l'oncle. On disait qu'ils allaient aux fiançailles ou à la bague de fiançailles de jeunes personnes. Dans certains villages, la tradition voulait qu'on apporte en plus de la bague, des chaussures ''comme condition et signe de bienvenue dans la nouvelle communauté''. Cette coutume s'est conservée encore aujourd'hui et se manifeste pendant le mariage où l’on vole les chaussures de la mariée que le témoin doit racheter. Après les fiançailles, le père du futur marié devait se rendre dans la maison de sa future belle-fille pour se mettre d'accord ou encore pour la tradition de la pomme, car il pouvait apporter avec lui une pomme avec des pièces de monnaie plantées dedans, c'est ainsi qu'il devait demander la main de la fille pour son fils.

Quelques jours après la visite de la mariée par le père, c'est la mère qui allait rendre visite à la future mariée, la future belle-mère; elle allait manger un gâteau, apportant avec elle un pain que la jeune fille partageait avec des amies. Les fiancés pouvaient ensuite aller rendre visite au prêtre de la paroisse pour s'inscrire à la confession, le prêtre devait également informer les habitants des fiançailles à la prochaine messe. Cette coutume existe toujours aujourd'hui, et porte toujours le même nom.

On peut dire que les coutumes décrites ci-dessus étaient une ouverture au futur  mariage. Avant le mariage, la future mariée devait préparer sa dot, c'est à dire tout ce qu'elle allait apporter avec elle depuis sa maison familiale vers sa nouvelle maison, tout ce dont elle aurait besoin dans sa nouvelle vie – draps de lit, couvertures, couverts, chaises etc.

C’est la situation financière des parents de la future mariée qui définissait avant tout ce qu'elle pouvait emporter avec elle. Cette tradition voulant que la future mariée emporte avec elle sa dot, s'est conservée jusqu'à aujourd'hui.

En ce qui concerne le mariage et son protocole dans la région Dinaroide (Montagne et région du Dinar), il est intéressant de constater que les protocoles de mariage sont liés à l'ordre militaire, ce qui est montrée dans les terminologies utilisées pour le mariage. Le nombre d’invités au mariage dépendait de la situation financière des parents des mariés, il fallait dans tous les cas qu'il y ait au moins cinq personnes. La première partie de la colonne était nommée prvinac (le premier), derrière lui était le Čaus qui était censé animer le mariage avec des blagues. Suivait derrière le Barjaktar (porte drapeau, Barjak=drapeau), tricolore, devant lequel était situé le crucifix en métal avec des pommes fixées dessus. Le porte drapeau était généralement quelqu'un de jeune, marchant dans la colonne, à chaque carrefour en présence du drapeau il se signait afin de protéger la colonne et ses participants contre les sortilèges et les malédictions. En effet, les croyances étaient telles qu'on croyait que les sorcières dansaient en ronde aux carrefours. Le porte drapeau est suivi par l'ancien de la colonne (stari svat = vieux du mariage) qui est le commandant du mariage que les autres doivent écouter. L'ancien était généralement un membre âgé de la famille du jeune marié, le père ou l'oncle. Enfin, derrière se trouvent le futur marié, le gjuvegija (mot turc désignant un jeune homme prétendant), deux témoins, deux garçons d'honneurs dirigés par un djeverbaša (homme dirigeant les Djever =garçons d'honneur), en compagnie des garçons d'honneur était généralement une jeune fille, la jenga. La colonne du mariage en respectant cet ordre se dirige vers la maison de la mariée, comme on dit toujours aujourd'hui ''chercher la jeune fille''. Devant sa maison se mettait en place les négociations. En effet, les participants du mariage du côté de la mariée font sortir la fille devant la maison et pendant ce temps, le garçon d'honneur, l'ancien de la colonne ou le témoin négocie avec le frère de la mariée ou son cousin, si elle n'a pas de frère, sur l'achat de la jeune fille. Traditionnellement, il y a deux ou trois filles d'honneurs qui sortent en premier suivies par la mariée pour laquelle le garçon d'honneur ou le témoin donne la somme d'argent négociée. Cette coutume symbolique de l'achat de la mariée s'est conservée jusqu'à aujourd'hui. Après le mariage à l'église, la coutume voulait que l'on retourne dans la maison de la mariée pour ''boire un verre'' et se diriger vers la maison du marié, la nouvelle demeure de la mariée. La jeune mariée devait réaliser quelques taches symboliques prouvant son attache à sa nouvelle maison et sa nouvelle famille. Ces coutumes sont restées dans certaines régions aujourd'hui.

Ensuite, on mangeait, buvait et célébrait ensemble, un ''toast'' était alors prononcé par l'ancien du mariage, aujourd'hui cela peut être la mère de la mariée qui ‘’offre un verre’’. Après le repas, la mariée était accompagnée vers la chambre par le garçon d'honneur et la jenga, ou bien par le témoin, pendant que le reste du mariage chantait, fêtait et continuait de faire du bruit. La virginité de la mariée était très importante. Il faut rappeler que la virginité de la mariée n'était pas symbolisée par la robe blanche, elle se mariait en effet, en costume folklorique. Le rôle de la nouvelle belle-fille était de se réveiller en premier, de préparer et d’allumer le feu et d’apporter de l'eau du puits. Tout devait être préparé pour la belle-mère, tandis qu'il y avait encore du travail pour la belle fille –secouer les céréales (blé, maïs etc.), apporter du bois, laver le linge etc. La belle fille devait également pour les participants du mariage préparer une bassine d'eau pour qu'ils puissent de rafraichir et un morceau de linge pour s'essuyer, les invités devaient la payer en retour pour ce service. Cependant, elle pouvait également leur offrir des présents qu'elle avait apportés depuis son ancienne maison. L'argent qu'elle avait récolté pendant le mariage était sa propriété personnelle. Elle pouvait offrir également au beau-père et à la belle-mère des cadeaux, généralement des vêtements réalisés avec ses amies et ses cousines.

Quelque jour après le mariage, la famille proche de la mariée lui rendait visite apportant avec eux une quenouille et une broche avec des pelotes de laine comme cadeau de la mère à sa fille.

Les coutumes liées aux enterrements

La dernière dans la liste des coutumes de la vie des habitants de la région sont celles liées au décès d'un membre de la famille que les membres proches pleurent, se consolant avec des textes et des mélodies de lamentation sacrées dans lesquelles étaient mentionnés ses atouts physiques et sacrés. Pendant la préparation de l'enterrement, on veillait sur la personne décédée, on la surveillait. La veillée est liée aux anciennes croyances selon lesquelles le défunt ou la défunte pouvait se transformer en Loups-Garous si un chat passait par dessus son corps. Après l'enterrement, la tradition, toujours respectée aujourd'hui, était que la famille du défunt prépare un repas pour ceux qui sont venus l'accompagner jusqu'à son dernier lieu de repos. C'est ce qu'on appelle la septième  (sedmica=semaine) qui comme le mariage nécessitait des dépenses pour les habitants et dépendait donc de la situation financière de la famille. Ce repas d'enterrement vient de la croyance selon laquelle ''les morts dans l'autre monde ont les mêmes besoins que dans ce monde''.

Les traditions et coutumes annuelles

Les coutumes d'avant Noël et de Noël       

Pour la fête de la toussaint, le 1er novembre, quand les gens vont rendre visite à leurs amis, on ouvre les tonneaux et on goûte au vin. Étant donné que c'est l'occasion de faire la fête et de boire un verre, dans le peuple, cette fête religieuse était considérée comme le ''premier Noël'', comme une introduction à la fête de Noel approchant.

Avant Noël étaient également fêtées les materice (mères) et očići (pères), tradition connue seulement chez les Croates originaires de la région du Dinar. Pendant la fête des materice, toutes les femmes mariées devaient rendre honneur (offrir un verre) aux hommes qui leur souhaitaient leur fête, alors que pendant la fête des očići, c'était l'inverse. Aujourd'hui cette tradition s'est perdue, seulement les plus anciens peuvent encore s'en souvenir. Avant Noël, c'est le réveillon et le soir de Noël qui étaient les plus célébrés. A la veille de Noël, étant donné que c'est un jour de jeûne, on préparait de la nourriture non grasse, comme la morue, et on faisait aussi surtout de la pogača (pain fait maison au feu de bois). Pour la région de Sinj, il était très populaire de préparer une un pain česnica (pain de partage) sans levure. En accordance avec la croyance que la maison, la ferme,  et les habitants devaient être protégés des malédictions, on décorait la maison avec  du lierre. Le soir de la veille de Noel était marqué par des rituels. Premièrement, l’hôte, le plus ancien prie la Vierge Marie avec les membres de sa famille. Ensuite, après la soirée, la mission de l’hôte est d’apporter dans la maison trois bûches de bois qui devaient se consumer dans le foyer. Les trois bûches symbolisent le Père, le Fils et le Saint Esprit (la Sainte Trinité), mais également les 3 bougies de Noël. Avant d’être posées sur le feu, les bûches devaient être bénies avec  de l’eau sainte. La première bûche est la plus grande et la plus grosse, avec une croix gravée dessus. Elle est placée sur la partie droite, les deux autres ensuite à côté. Lorsque les bûches sont placées, on fait une prière pour les défunts, on apporte ensuite de la paille que l’on éparpille sur le sol. La paille est ici un symbole évident de la naissance de Jésus dans l’étable. Elle symbolisait également la récolte car on l’utilisait ensuite pour l’éparpiller dans les champs et les jardins, on en mettait également dans les poulaillers car on croyait qu’ainsi les poules pondraient mieux. A certains endroits, la préparation du repas de Noël revenait à l’hôte, il restait ainsi à la maison tandis que les autres allaient à la messe de minuit. La tradition était que tous les habitants, à part les plus anciens et les personnes faibles et malades, allaient à la messe de Minuit après laquelle chacun se souhaitait un joyeux Noël. Au déjeuner de Noël, le rôle principal revenait également à l’hôte qui, à la fin du repas, se signait et éteignait la bougie de Noël avec du pain trempé dans du vin. Aujourd’hui encore est pratiquée cette coutume de la bougie de Noël.

Les traditions de Carnaval       

Entre Noël et Pâques sont célébrées les fêtes de Carnaval, qui durent de l’Epiphanie jusqu'aux Cendres, après quoi commence le Carême, la période de ''purge'' et de privation avant Pâques. La période du Carnaval est marquée par les nombreux carnavals, plus précisément, par des colonnes de paysans déguisés et en costume constituées exclusivement d'hommes. Ils se déguisent en plusieurs types de personnage parmi lesquels les plus importants sont le papi et la mamie (did et baba). Le papi est généralement en tête de colonne et sa partie intime est représentée par des chiffons ou du bois. Il court après la mamie et ils simulent une scène intime. Dans cette parade se démarquent particulièrement ceux habillés comme faisant parti d'un mariage. Dans ces mariages de carnaval, tout le monde participe sauf les vrais futurs mariés. La parade chantait toute la journée, de bonne humeur, de maison en maison, tout en évitant les maisons ayant perdu un proche, de village en village, on pouvait même aller d'une commune à une autre. Les habitants savaient être en compétition de qui allait le mieux rendre honneur en offrant du vin et du lard fumé. Dans les carnavals, en plus des marques religieuses, populaires et paysannes, il y avait également une influence de la ville, méditerranéenne ou continentale de l'Europe centrale, avec les masques, les poupées, les déguisements etc. La mascotte populaire représente tout le mal ayant eu lieu au cours de l'année, on le condamne à mort à la fin du carnaval et à la joie de tous on le brûle entièrement.

Les traditions liées au Carême et à Pâques

Lorsque la période de carnaval s'approche de la fin, c'est le Carême qui commence pendant lequel les deux jours les plus importants sont les Rameaux et la semaine Sainte. Les rameaux, le dimanche des rameaux sont le dimanche précédant Pâques. Le samedi avant les rameaux, la tradition voulait qu'on aille cueillir des fleurs de printemps, principalement des violettes, et le lendemain matin, à l'aube du dimanche des rameaux, on se rinçait le visage avec l'eau dans laquelle avaient trempé ces fleurs cueillies. Les habitants allaient ensuite à la messe avec une petite branche de laurier, d'olivier ou de sapin pour la bénédiction. Le jeudi saint, les cloches de l'église arrêtent de sonner et leur ''silence'' dure jusqu'au samedi Saint. Le jeudi Saint était appelé populairement zeljavim (zelje=blette, épinard) ou zelenim (zeleno=couleur verte) étant donné que l'on y mangeait des blettes sauvages et du pain sans levure. Le lendemain matin, au vendredi Saint, on n'avait pas le droit de travailler, il était surtout interdit de labourer, sauf chez un voisin ou chez un autre habitant. L'après-midi, le travail était autorisé, tout en faisant attention de ne pas se blesser et saigner, en accordance avec les croyances de l'Eglise qu'en ce jour-là Jésus a été enterré. C'est la raison pour laquelle ce jour là, on buvait du vin rouge, à cause des croyances populaires de la transformation du vin en sang. Le vendredi Saint est un jour de jeûne, comme disent aujourd'hui les anciens ''le jeûne de commandement'', on mangeait donc de la nourriture sans graisse, on coloriait les œufs de Pâques à partir de couleurs végétales. On amenait ce jour-là à l'église pour la bénédiction un baraban (tambour), un bâton en bois taillé (prut) avec lequel les gens après la messe tapaient sur les bancs d'église à tel point qu'une partie du bâton se cassait, la partie restante était apportée à la maison. Si par exemple, un animal domestique tombait malade, on frottait l'oreille de l'animal jusqu'au saignement, pensant qu'ainsi l'animal guérirait. Enfin, pendant la grande messe du samedi Saint, on apportait pour la bénédiction, du pain et des œufs durs pour tous les membres de la famille, cette tradition perdure aujourd’hui avec des œufs et des brioches (Sirnice). Cette nourriture bénite était le petit déjeuner de Pâques. Ce qui ravissait surtout les plus jeunes, ainsi que les plus anciens, on s'amusait à casser des œufs ensemble, dans ce jeu, le vainqueur était celui qui réussissait à casser le plus d'œufs possible par rapport à ses adversaires.

Les traditions liées à la fête de Saint Jean Baptiste

Parmi les coutumes liées aux fêtes religieuses estivales, la plus intéressante était la fête de la saint Jean qui a lieu le 24 juin, elle coïncide avec le Solstice d'été. On la célébrait en allumant des feux de joie, consumant des tas de bois et d'herbes séchées, c'est la raison pour laquelle on appelle ce jour, le jour de Saint Jean Svitnjak (feux de Saint Jean). On allumait ces feux dans les cours de maisons, sur les places de village, aux carrefours, les habitants se regroupaient autour de ces feux, les plus jeunes s'amusaient à sauter par dessus le feu. Les filles s'amusaient aux prédictions amoureuses. Chacune d'entre elle cueillait des marguerites et retiraient une à une les pétales en prédisant si oui ou non les garçons les aimaient. Allumer les feux de joie était l'occasion pour toutes les communautés du village de se côtoyer, à part ceux qui pleuraient un défunt. Dans la région de la Cetina, cette fête était marquée par la fête populaire de Grab. Cette tradition du feu pendant le Solstice d'été était connue parmi tous les peuples Slaves, le Saint Jean Chrétien est l’ancien Dieu paléoslave du soleil.

Les fêtes de village

Les fêtes de village étaient l'occasion pour les jeunes prêts au mariage de se rencontrer, la plupart des fêtes étaient célébrées pendant la fête du saint Patron du village, par exemple à Imotski, c'est la Vierge des Anges, à Vrlika La Vierge des Roses, à Otok à côté de Sinj la Saint Luc, à Potravlja la Saint Philippe et Jacques etc. et à Trilj par exemple est célébrée la Saint Michel. La coutume était que le jeune garçon offre à la fille qui lui plaisait des Grotulja (collier), ce qui est un symbole de la région de Sinj. Les Grotulja sont en fait une série de noix percées qui se rattachent à un fil fin, dont la taille varie de celle d'un simple collier jusqu'à ceux qui pouvaient aller jusqu'au sol, ainsi le succès des filles pouvait se mesurer à la taille du présent et au nombre de noix. En plus, du fait que ces fêtes étaient l'occasion pour les garçons de ''récolter une fille'', les fêtes de village étaient également l'occasion de se regrouper et de se rencontrer pour tous les membres de la communauté, ceux qui y vivaient ou ceux ayant quitté leur village et qui revenaient à cette occasion. Les commerçants nomades étaient populaires lors de ces fêtes, on les appelle les ''porteurs de sac'' (torbari), qui vendaient des marchandises de toute sorte, des brosses en bois, des miroirs de poche, des aiguilles et du fil à coudre et autres. On y vendait également du tabac, des beignets, du bétail etc. Bien entendu, ces fêtes étant des fêtes religieuses, elles comportaient également des messes dans la paroisse du village, des processions auxquelles tout le monde participaient.

(Texte: Nikolina Knezović)

Littérature:

Alaupović Gjeldum, Dinka. "Običaji i vjerovanja" (Les traditions et croyances). Dans : Dalmatinska zagora - nepoznata  zemlja (Dans, l'arrière Pays Dalmate (Dalmatinska Zagora), de Vesna Kusin, 559-581. Zagreb: Galerie Klovićevi dvori, 2007.

Bićanić, Rudolf. Kako živi narod - život u pasivnim krajevima. (Comment vit le peuple – la vie dans des régions passives) Zagreb: Université de Droit; l'édition Globus, 1996, tiré du livre I de 1936. et du livre II de 1939.

Botica, Ivan. "Brnaški narodni običaji za vrijeme svetkovina iz usta Anđe Ivković" (Les traditions populaires de Brnas pendant les fêtes religieuses narrées par Anđa Ivković. Brnaška strana 1 (2005): 18-20.

Botica, Stipe. "Pokladni i Uskrsni običaji Sinjske krajine" (Les coutumes de carnaval et de Pâques de la région de Sinj). Cetinska vrila 2 (1994): 15-19.

Mustapić, Anđelka. U SUSRET MESOPUSTU: Etnologinja Ivanka Ivkanec podsjeća na erotsku dimenziju povijesti Dalmatinske zagore. Zamiri, daj grotulju, gonjaj se, pa ženi! [online]. (A LA RENCONTRE DE MESOPUSTU: l'ethnologue Ivanka Ivkanec nous rappelle les dimensions érotiques de l'histoire de l'arrière Pays Dalmate. Epie, offre un collier, dégage de là, et marie-toi!) Split: Slobodna Dalmacija, 2008. [citée le 13.11.2010]. (http://arhiv.slobodnadalmacija.hr/20080113/nedjeljna-prilog07.asp)

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